lundi 10 septembre 2007

la limite



La limite

19 heures, comme j'aurais aimé que Josette soit là, seul, seul je rentre.
Nathalie m'appelle " Je fais les courses avec David je reviens vers 21 heures " seul, seul.
La bouteille de Bourgueil me regarde m'enivrer ? Non ?
Encore elle, elle est là toujours présente elle m'envahit, je regarde le balcon 5 étages et puis en bas la délivrance enfin..
Son numéro de portable, j'hésite je le compose une fois j'entends sa voix ce timbre qui a chaque fois me trouble et qui diffuse son annonce.
Je raccroche, le balcon m'attire, je rappelle, sa voix encore je laisse un message je sais qu'elle ne peut pas me joindre numéro masqué un message d'un fantôme, s’il existe encore demain je l'appelle... je raccroche regarde le balcon, il est 21 heures j'ai mal.... ma sonnerie de portable, je décroche Nathalie " Viens me chercher" la crise est finie... pour combien de temps ?

La rencontre



La rencontre

L'escalier de pierre était assez imposant, c'était une vieille bâtisse typique de l'époque napoléonienne , la première fois ou j'étais entré chez Jean Pierre j'avais été impressionné par ses dimensions.
Il habitait dans un appartement de fonction de l'éducation nationale son père était principal ou proviseur.
Je me souviens parfaitement du look de Sylvain un garçon très fin très brun une allure proche de l'espagnol il venait de Bagnéres de Bigorre, son accent du sud et son aisance orale en faisait une relation agréable, il portait souvent des habits noirs et il avait un succès certain auprès de la gent féminine.
Il portait comme presque tous les adolescents de cette époque les cheveux longs et un début de barbe ou de moustache pour affirmer sa virilité naissante.
C'était la rentrée scolaire de l'année 1973, nous étions sans le savoir dans les dernières années des trente glorieuses et très loin de l'escalier où je commençais à monter accompagner de mon copain du moment Patrick, un universitaire américain venait de mettre au point le mail... Mais là n'est pas mon propos.
L'appartement des parents de Jean-Pierre donnait sur un palier avec une grande fenêtre qui donnait sur la cour du collège. C'était une belle journée et nous venions chercher Sylvain pour aller « traîner “dans Chartres, c'était le début de l'après-midi j'ai sonne et Sylvain nous a ouvert. Il est sorti sur le palier et là, à coté de lui, tu m'apparus pour la première fois.
Tu portais un pantalon bleu pétrole très serré avec des pattes d'éléphant comme cela se faisait a l'époque, tout de suite j'ai entre-aperçus ton regard, tes yeux pétillants d'intelligence rapidement j'ai découvert tes mains et tes doigts très fins. Ton visage était encadré par une coiffure mi-longue cheveux châtain très clair tu étais belle et Sylvain nous a présenté.
Ton image s'est définitivement et immédiatement imprimée dans mon cerveau.
Sylvain t'embrassa d'une manière assez brutale comme s'il avait vu mon regard et lu ma pensée.
Je fus choqué et impressionné par la "caresse" prodigué par Sylvain il te prit l'entre cuisses avec sa main tout en t'embrassant comme s'il voulait marquer son territoire.
Moi qui était plutôt un adolescent timide et coincé avec les filles je n'en revenais pas.
Cette vision est toujours dans ma mémoire 35 ans aprés et parfaitement cohérente.
Un sentiment de honte m'envahit sur le moment, mon respect pour la femme est son corps avait vraiment été choqué par cela, il finit par arrêter et je découvris pour la première fois le son de ta voix.
C'est à cet instant qu'il n'y eut plus que toi sur le palier plus rien d'autre que toi.
Je pense qu'a ce moment là tu ne m'avais pas remarqué... j'appris ton prénom par ta bouche, tu venais de m'ensorceler. Le sentiment amoureux m'envahit d'un coup effaçant de mon cerveau les autres visages féminins de l'époque et pour le jeune adolescent que j'étais il devait en avoir beaucoup dans ma tête !
Plus jamais je n'ai ressenti ce qui m'envahit ce jour là devant toi. l'attouchement de Sylvain m'avait vraiment révolté, je ne pouvais pas concevoir une relation avec ce genre de comportement moi qui vénère la forme bombé du pubis féminin j'imaginais pas poser de cette manière ma main dessus.
L'échange de regard t'avait-il permis de ressentir ma révolte, je ne sais...
Nous échangeâmes quelques phrases entre nous apparemment Sylvain préférait rester chez lui avec toi.
Le reste de la journée fut une suite ininterrompue de ta vision, le sentiment amoureux commençait son lent travail... J'allais me transformer en amoureux transis, cars j'étais a cette époque un adolescent très timide rempli de complexe et mal dans sa peau.