Préambule et peut-être fin
La lumière du jour avait lentement décliné durant ma séance de psychothérapie, je regardais le drap blanc écru qui recouvrait le canapé du cabinet.
J'en étais à ma dixième séance et je me persuadais que mes crises d'angoisses et de détresses avaient rejoint définitivement le rang des souvenirs de mon adolescence.
Le psychiatre venait de me proposer d'entamer une psychothérapie sur le long terme, j'en refusais la logique et je ne me voyais pas du tout allonger sur ce canapé, il me proposa de réfléchir et me déclara que sa porte restait bien sûr ouverte.
Je l'en remercie et je lui dis que j'avais été surpris de l'efficacité de nos séances alors que j'étais plutôt réticent sur l'apport de cette médecine de l'âme.
L’air était plutôt sec et chaud en cette soirée du mois de juin, je rentrais en cheminant le long des quais du Rhône nouvellement aménagés tout en pensant que j'avais enfin calmé Catherine dans mon cerveau.
Samedi premier septembre 2007, je marche sur le pont de la Guillotiere à Lyon, j'ai passé une nuit infernale entrecoupée de réveils, eux mêmes suivis de longs moments d'insomnies ou mon cerveau me ramène sans arrêt à Catherine.
Son image me poursuit implacable, omniprésente. J'ai des montées de sanglots, des bouffées d'angoisses, je comprends qu'elle est toujours là, et que je ne pourrais pas m'en séparer aussi facilement ; en passant devant l'entrée de l'hôtel-Dieu je me dis : l'écriture, écrire, purger mon passé avec l'écriture, remplacer le canapé avec son drap blanc par une feuille blanche et la noircir de mes pensées.
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